L'ayahuasca comme antidote

 

 

Article écrit par l'anthropologue Jeremy Narby en 2016, évoquant certains aspects de son parcours avec l'ayahuasca ainsi que des éléments de divergence culturels relatifs à l'usage de ces plantes.

 

 

L'ayahuasca comme antidote

​Jeremy Narby, 2016

 

En 1995, j'ai publié un livre intitulé Le serpent cosmique qui traitait de l'ayahuasca entre autres sujets. L'engouement de nombreux lecteurs m'a surpris. Dans ce livre, je décris mon expérience avec l'ayahuasca comme une épreuve faite de vomissements et de visions effrayantes de serpents. Et pourtant, lecteur après lecteur, la même question revenait: «Où puis-je en obtenir?».

 

Avant les années 90, l'ayahuasca ne suscitait pas beaucoup d'intérêt en dehors de l'Amazonie. Pendant les années 60, une première génération d'Occidentaux a commencé à expérimenter avec les hallucinogènes naturels utilisés par les peuples indigènes, tels que le peyotl et les champignons psilocybes. Le romancier William Burroughs et le poète Allen Ginsberg ont été les premiers à écrire un livre non académique sur l'ayahuasca. Publié en 1963, Les lettres du yagé décrivent les expériences des auteurs buvant la décoction. Des vomissements et des visions effrayantes de la mort et de serpents y figurent. Mais ce livre ne déclencha pas d'enthousiasme. En fait, tout au long des années 70 et 80, l'ayahuasca est demeurée un obscur hallucinogène amazonien.

 

Les jeunes des années 60 étaient peut-être anticonsuméristes, mais ils n'étaient pas attirés par la purge de l'ayahuasca. En termes d'hallucinogènes, ils avaient tendance à préférer des options moins difficiles, comme le LSD qui n'a pas de goût et ne provoque pas de malaise gastrique. Mais à partir des années 90, un nombre croissant d'Occidentaux ressentent l'envie d'essayer la purge amazonienne.

 

Dans sa thèse de 2010 From Medicine Men to Day Trippers: Shamanic Tourism in Iquitos, Peru, l'anthropologue Evgenia Fotiou donne un aperçu des touristes occidentaux recherchant l'ayahuasca: principalement des Blancs, dont les deux tiers sont des hommes. La plupart d'entre-eux travaillent et ont suivi un enseignement supérieur. Ils sont généralement sans religion et en quête de donner un sens à leur vie. Ils ont tendance à être insatisfaits de la médecine allopathique et du matérialisme. Certains sont à la recherche d'autres approches de guérison, souvent pour des maladies que la médecine occidentale n'a pas réussi à soigner.

 

Evgenia Fotiou suggère que ces individus sont des pèlerins d'un nouveau genre. Elle souligne que le pèlerinage a toujours été un départ vers des terres lointaines à la recherche d'une connaissance de soi et d'une guérison. La plupart des gens qui partent boire de l'ayahuasca en Amazonie sont en quête d'une connexion avec la nature. Interrogés sur leurs motivations, ils disent que vivre dans le monde urbain occidental les coupe de quelque chose d'essentiel. Ils veulent ainsi se reconnecter à leur propre corps autant qu'à la nature.

 

En se rendant en Amazonie pour rencontrer des ayahuasqueros, ils trouvent ce qu'ils sont venus chercher : une nature intense, des rituels chamaniques qui catalysent les transformations et des plantes puissantes qui modifient la conscience humaine. Mais ils peuvent également y trouver des ennuis.

 

L'ayahuasca est un puissant outil de transformation. Comme toute aventure, l'expérience de l'ayahuasca s'accompagne de risques et d'opportunités. À l’image des autres plantes et substances psychédéliques, l'ayahuasca met les gens en contact avec leur psyché profonde et avec des éléments biographiques, tels que des événements passés de leur vie. Le mot «psychédélique» vient de deux termes grecs signifiant «révélant la psyché». Selon la personne que vous êtes et les traumatismes que vous portez en vous, l'expérience peut se dérouler plus ou moins bien. Il est possible de ne pas savoir à quel point vous êtes vulnérable, voire borderline, jusqu'à ce que vous consommiez l'ayahuasca. Mais alors, il sera trop tard pour revenir en arrière.

 

Les techniques chamaniques où le tambour joue un rôle central sont plus faciles à pratiquer. Mais travailler avec des plantes chamaniques est comparable à apprendre à nager en eaux profondes. Mon conseil serait: dans le doute, abstiens-toi. Boire des breuvages chamaniques est une sorte de sport extrême, comme la voile en haute mer ou l'alpinisme. Les choses peuvent vite mal tourner. S'y lancer à la légère revient à aller au devant de problèmes majeurs.

 

Il importe avant tout de laisser de côté les clichés romantiques. L'interface culturelle entre les Amazoniens et les Occidentaux est instable. Pour la première fois, les Occidentaux viennent en Amazonie, et plutôt que de dire aux indigènes qu'ils sont des «pécheurs ignorants et des adorateurs du diable», comme dans un passé pas très lointain, ils disent vouloir apprendre le savoir indigène, et ils sont même disposés à payer pour cela en dollars – ce qui valorise les connaissances et, en même temps, exacerbe les inégalités locales en rendant certains individus plus riches que d'autres.

 

Pendant ce temps, les Amazoniens ont tendance à considérer les Blancs comme des sortes de vampires ou de «pishtakos» qui traquent les Amazoniens pour les tuer et en extraire la graisse corporelle. Selon les histoires que les peuples amazoniens racontent au sujet des pishtakos, ces êtres blancs maléfiques ont en effet besoin de la graisse des indigènes pour lubrifier leurs machines sophistiquées. En 1984, lorsque j'ai commencé à vivre avec des Ashaninkas dans une communauté indigène en Amazonie péruvienne, il m'a fallu plusieurs mois pour me rendre compte qu'ils croyaient vraiment que je pouvais être un pishtako (1). J'ai ensuite découvert qu'il était difficile de prouver que l'on n'est pas un vampire!

 

À un certain niveau, les histoires de pishtako peuvent sembler farfelues, mais elles sont néanmoins des métaphores révélatrices. L'Histoire a montré aux peuples amazoniens que les Occidentaux peuvent être des conquistadors aveuglés par l'or et des extracteurs forcenés de ressources naturelles, comme le caoutchouc, l'huile et le bois. Ce comportement ne tient compte ni de la vie humaine ni de celle d'autres êtres vivants. Pour les Amazoniens, l'obsession occidentale avec l'accumulation de richesses matérielles peut sembler pathologique; et il est logique que les Occidentaux finissent par affluer vers les chamanes amazoniens en quête de guérison et de sens.

 

Mais pourquoi les Amazoniens acceptent-ils de passer du temps avec les Occidentaux s'ils les considèrent comme des pishtakos potentiels? À mon avis, pour la même raison qu'ils admirent et craignent les prédateurs puissants que sont le jaguar et l'anaconda. Il n'y a pas si longtemps, les peuples amazoniens, comme les Piro de l'est du Pérou, s'habillaient en jaguar ou en anaconda, en portant les motifs de ces animaux sur leurs vêtements et sur la peau ; et maintenant, ils portent des «vêtements de blanc» pour ressembler à des «blancs» (2). Les jaguars, les anacondas et les Occidentaux se tiennent au sommet de la chaîne alimentaire; ils ont un pouvoir considérable et ils peuvent vous tuer, ce qui les rend à la fois redoutables et fascinants.

 

Les Amazoniens ont leurs clichés concernant les Occidentaux, mais l'inverse est aussi vrai, surtout quand il s'agit de chamanes de la forêt tropicale. Certains Occidentaux les considèrent comme des gourous de style oriental. Mais les chamanes amazoniens n'ont jamais prétendu être des sages ou des saints. Leur travail est de permettre la réalisation de transformations en enchantant leurs clients. Dans l'interface interculturelle du tourisme de l'ayahuasca, les malentendus abondent, et il est important d'être clair avec soi-même et avec les autres.

 

Les ayahuasqueros amazoniens sont principalement des hommes. Non seulement ils ont tendance à s'identifier à des prédateurs tels que les jaguars, mais en outre ils n'ont pas prêté le serment d'Hippocrate. En revanche, les femmes occidentales qui consultent les ayahuasqueros amazoniens peuvent les considérer comme des thérapeutes. Or lorsqu'un homme ayahuasquero enchante sa cliente, la relation entre eux change: celle-ci n'est plus fondée sur le consentement, mais sur la subjugation. Méfiez-vous de la prédation sexuelle des ayahuasqueros!

 

Comme la demande pour l'ayahuasca augmente, de plus en plus d'ayahuasqueros sont devenus des entrepreneurs fournissant un service. Certains font un meilleur travail que d'autres. Il est important d'éviter de se retrouver entre les mains d'un ayahuasquero peu scrupuleux ou mal formé. La présence d'un guide est cruciale pendant la transe d'ayahuasca. En effet, les chants de l'ayahuasquero aident à orchestrer les visions. Lorsque les participants éprouvent des difficultés ou de la détresse au cours de leurs visions, comme vivre l'expérience de leur propre mort, l'ayahuasquero s'occupe d'eux, chante des mélodies apaisantes, et souffle de la fumée de tabac ainsi que des parfums de plantes sur eux. Ce sont les principaux outils qu'ils utilisent pour influencer cet état de conscience.

 

Lorsque les Occidentaux vont en Amazonie pour boire de l'ayahuasca, ils méconnaissent souvent son contexte social. Si nous prenons au sérieux ce que les indigènes en disent, le monde de l’ayahuasca a un côté obscur, qu'ils appellent sorcellerie ou magie noire. Une grande partie du travail que font les chamanes dans leurs communautés consiste à lutter contre l'ensorcellement. Il est frappant de constater que lorsque l'ayahuasca est importée dans les pays occidentaux, il n'y a aucune mention de la sorcellerie et tout semble être lumière et guérison (3). Avec Francis Huxley, nous avons édité un livre intitulé Anthologie du chamanisme pour montrer les difficultés auxquelles les chamanes font face, ainsi que les ambiguïtés du chamanisme et des entités que l'on rencontre au long de ce chemin. Dans le contexte indigène, les catégories du bien et du mal ne sont pas les mêmes que dans les cultures occidentales. Le chamanisme peut être un chemin vers la connaissance qui a longtemps été ignoré, mais ce n'est pas un chemin facile.

 

Cela ne signifie pas que les chamanes amazoniens ne peuvent pas aider les gens. Leur compréhension du monde occidental s'approfondit. Certains sont psychologiquement perspicaces et beaucoup se sont adaptés intelligemment à leurs nouveaux clients. Le mimétisme est une seconde nature pour eux. Tout comme les chasseurs amazoniens apprennent à chanter les mélodies des oiseaux qu'ils chassent, les chamanes apprennent à parler la langue que leurs clients occidentaux comprennent et veulent entendre. Ils apprennent que les Occidentaux ont des problèmes dans leur tête, une sorte de mal-être avec leur propre culture, ou avec leurs familles. Les chamanes ne sont pas surpris d'entendre que les déséquilibres d'une société affectent la santé des gens.

 

Cependant, les chamanes amazoniens ne sont pas des thérapeutes de style occidental. Selon eux, les plantes enseignent et guérissent, et il appartient aux clients d'appliquer ce qu'ils ont appris de cette source végétale. Cette approche fait sens dans le monde amazonien; mais l'ayahuasca peut libérer des forces insoupçonnées dans la psyché, ce qui peut être difficile à gérer pour les personnes qui n'y sont pas préparées. Quand les Occidentaux rentrent chez eux, ébranlés suite à une expérience bouleversante avec l'ayahuasca en Amérique du Sud, ils peuvent se retrouver bien seuls, sans personne à qui parler. L'ayahuasca ne fait pas encore partie de la culture occidentale, et dans ces circonstances, avoir un ami expérimenté et compréhensif peut être précieux. Autrement, consulter un psychologue peut s’avérer nécessaire.

 

Au fil des années, j'ai intégré seul mes expériences d'ayahuasca. Au retour de mes voyages en Amérique du Sud, je parlais avec un ami ou deux, et passais du temps à réfléchir seul, en lisant et en prenant des notes. Je n'ai jamais consulté de psychologue. Il est vrai que j'aime sortir de mon petit monde, visiter des gens de cultures différentes et connaître leur approche de la santé et de la connaissance. J'aime parfois travailler avec un ayahuasquero amazonien et consulter les plantes. Cela me permet de voir ma vie sous un autre angle. J'ai appris à apprécier le nettoyage qu'apporte la purge offerte par le breuvage. Boire de l'ayahuasca est pour moi comparable à un check-up chez le dentiste. C'est une épreuve, mais en fin de compte je sais que ça me fait du bien.

 

Certains psychologues occidentaux ne cautionnent pas le travail effectué par les pratiquants de l'ayahuasca en Amazonie. La psychothérapie s'articule autour de la parole, alors que les praticiens amazoniens sont peu loquaces. Ils chantent et leurs plantes visionnaires rendent les choses visibles. À mon avis, les visions offertes par l'ayahuasca ont un impact plus profond que les mots. Une fois qu'on a vu quelque chose, il est difficile de "dé-voir". Les mots s'oublient plus facilement.

 

L'ayahuasca est comparable à une personne spécifique et imprévisible. L'expérience avec le breuvage sera donc différente pour chaque individu. Mon expérience a été la suivante: ceux qui se cachent des choses à eux-mêmes ou qui ont une vision fausse ou amplifiée d'eux-mêmes auront tendance à avoir du mal avec la mixture. D'autres, qui n'ont aucune expérience avec la conscience modifiée, mais qui sont équilibrés et généreux, auront tendance à trouver que l'ayahuasca est généreuse et accommodante avec eux. Le breuvage a d’abord tendance à montrer aux gens leurs problèmes et leurs faiblesses. Pour les personnes ayant beaucoup de problèmes, cette expérience peut être difficile. De toute évidence, les personnes souffrant de psychose ou d'autres problèmes de santé mentale devraient s'abstenir de boire le breuvage (4).

 

Le tourisme de l'ayahuasca en Amazonie est une interface culturelle effervescente dans laquelle certains Occidentaux trouvent une transformation positive, alors que d'autres sombrent dans la confusion, voire pire. Des stars du rock, des cinéastes ou des écrivains reviennent exubérants de leurs expériences, tandis que d'autres personnes rentrent chez elles chargées de problèmes psychologiques. Quant aux Amazoniens, ils revendiquent le droit de mener leurs affaires comme bon leur semble.

 

Il y a eu des cas d'accidents, de viols, de décès et même de meurtres liés au tourisme de l'ayahuasca en Amérique du Sud. La vigilance est primordiale. Je ne suis pas chaman, juste un anthropologue, mais je sais que la règle d'or du chamanisme est: connaissez votre chaman. Il y a bon nombre de charlatans dans ce domaine.

 

Au début, lorsque j'ai vu l'afflux de «non-anthropologues» à la recherche de l'ayahuasca en Amazonie, je craignais que les choses ne tournent mal. Puis j'ai vu un échange intéressant: les Occidentaux saturés de technologie se précipitant vers les soi-disant primitifs, et les soi-disant primitifs, fascinés par la technologie occidentale, se tournant vers ce que l'on appelle le moderne. Il est vrai que, pour l'instant, les jeunes Amazoniens sont actuellement plus intéressés par les ordinateurs que par les breuvages chamaniques. Les Occidentaux ont sans doute raison de penser que les Amazoniens ont un morceau du puzzle dont ils ont besoin, mais l'inverse tient également.

 

L'enthousiasme croissant des Occidentaux pour l'ayahuasca a eu comme effet positif de raviver l'intérêt des Amazoniens pour leurs propres traditions. Les jeunes Amazoniens se rendent bien compte que connaître l'ayahuasca et d'autres plantes peut constituer une intéressante source de profit.

 

Plusieurs facteurs ont contribué à la popularité récente de l'ayahuasca hors de l'Amazonie. Au cours des dernières décennies, il est devenu plus facile d'atteindre la région par vol commercial. Et, avec le développement d'Internet depuis le milieu des années 90, chacun peut accéder à toutes sortes d'informations. Quand quelque chose nous intéresse, la recherche est aisée. Internet a permis à quiconque de faire des recherches sur l'ayahuasca et de trouver un endroit pour l'essayer.

 

Last but not least, l'efficacité de l'ayahuasca elle-même a contribué à sa popularité récente. Selon le psychologue cognitif Benny Shanon qui a étudié les expériences des buveurs d'ayahuasca, le breuvage peut aider les gens à prendre conscience de leurs présuppositions et à se sentir davantage connectés à la nature. Dans l'ensemble, les buveurs d'ayahuasca ressentent un bien-être, une harmonie existentielle, de l'inspiration, ainsi qu'un émerveillement et de l'enchantement (5).

Cela a conduit le philosophe de l'éducation Kenneth Tupper à soutenir que l'ayahuasca "puisse contrecarrer de façon fiable les effets désenchanteurs du matérialisme séculaire et du scientisme positiviste de la culture moderne" (6).

 

Vu sous cet angle, l'ayahuasca agit comme un antidote au désenchantement de la modernité. Et si le breuvage est actuellement en demande, c'est parce que l'homme moderne remet de plus en plus en question le monde dans lequel il vit.

 

 

***

 

Texte original, Ayahuasca as Antidote, publié dans Ayahuasca Reader, édité par L.E. Luna & S.F. White, Synergetic Press, 2016

Traduit de l'anglais en février 2017.

 

Notes

1 Voir Santos-Granero et Barclay (2011)

2 Gow (2001: 126). Gow soutient que, par le passé, s'habiller en jaguar ou en anaconda aidait les Piro à négocier les relations hostiles entre parents distants, tandis que s'habiller en «Blancs» les aide à montrer que la paix est établie avec les «Blancs». (p. 201 et aussi pp.175-6). Dans les deux cas, «s'habiller comme» se rapporte à un acte de médiation de rapports de pouvoir.

3 Voir Whitehead et Wright (2004).

4 Voir Shanon (2002) au sujet du large spectre d'expériences que peuvent avoir les gens avec l'ayahuasca.

5 Voir Shanon (2002: 339, 39) et Shanon (2010: 270, 276-7).

6 Tupper (2011: 230). Voir Weber (1946) pour une discussion sur le désenchantement comme effet secondaire de la modernité. Weber a pris cette notion de la phrase du poète Friedrich Schiller “le désenchantement du monde”.

 

Bibliographie

Burroughs, William and Allen Ginsberg

1963 The Yagé Letters. San Francisco : City Lights.

 

Fotiou, Evgenia

2010 From medicine men to day trippers : shamanic tourism in Iquitos, Peru.

Ph. D. dissertation, University of Wisconsin Madison.

 

Gow, Peter

2001 An Amazonian Myth and its History. Oxford : Oxford University Press.

Santos-Granero, Fernando and Frederica Barclay

2011 Bundles, stampers, and flying gringos : native perceptions of capitalist violence

in Peruvian Amazonia. Journal of Latin American and Caribbean Anthropology

16 (1) : 143-167.

Shanon, Benny

2002 The Antipodes of the Mind : Charting the Phenomenology of the Ayahuasca

Experience. Oxford : Oxford University Press. (publié en français en 2015 sous le titre :

L’expérience de l’invisible : psychologie de l’ayahuasca. Paris : Intereditions.)

2010 The Epistemics of Ayahuasca Visions. Phenomenology and the Cognitive Sciences

9: 263-280.

 

Tupper, Kenneth

2011 Ayahuasca, Entheogenic Education and Public Policy. Ph. D. dissertation,

University of British Columbia.

 

Weber, Max

1946 From Max Weber: Essays in Sociology. New York: Oxford University Press.

Whitehead, Neil L. and Robin Wright

2004 In Darkness and Secrecy: the Anthropology of Assault Sorcery and Witchcraft in

Amazonia. Durham: Duke University Press.

Conscience des plantes