Témoignage: Liberté

Il y a environ sept ans, j'ai bu le thé pour la première fois. Un retour aux sources. Une entrée dans le cercle. Naissance d'amitiés ; durables, toujours croissantes.

 

Mais l'histoire de ma relation avec les enthéogènes commence deux ans plus tôt.


À l'intérieur, si agité que j'ai trébuché,
Désorienté, sans conseils, de mal en pis.
Désorienté par les expériences douloureuses,

mais sans trahison d'un sens plus profond.
Et pourtant, un désir ardent, une faible lueur d'espoir, inexpugnable,
Chéri amoureusement en mon cœur,
Que dans les profondeurs de la misère,
La rédemption vivait,
Pour la rendre vraie,
Pleine de sens,
Chaque mésaventure,
Un pas un avant vers la liberté de l'amour.

C'était donc un espoir poétique qui, à l'intérieur, me portait, me faisait vivre, nourrissant mon âme affamée, désireuse.
 

Nourri au centre de la désolation, un espoir éternel, vivifiant le battement de mon cœur.


Mon meilleur ami et compagnon fidèle!
 

Dans cet état d'esprit, j'ai erré parmi la pauvreté des esprits, entouré de cœurs fermés.

 

Puis, je suis tombé sur un article au sujet d'un homme ayant reçu un prix pour ses efforts dans le domaine du traitement des héroïnomanes, grâce à l'iboga, un enthéogène.

 

"Du succès dans le traitement des héroïnomanes?!"

 

Je me suis frotté les yeux, ma curiosité en éveil. Espoir et incrédulité. Peu de temps après j'ai trouvé les forums où d'anciens toxicomanes décrivaient avec sincérité leurs expériences et leurs batailles. Comment, après une seule utilisation d'une grande dose d'iboga, ils étaient libérés des symptômes du sevrage.

 

"Héroïnomanes, sans symptômes de sevrage, après une grosse dose d'iboga?!"
 

Et c'est là, dans ces forums, que j'ai trouvé le même espoir qui m'a nourri, dans la poésie des comptes-rendus d'expériences. J'ai trouvé dans ces récits une source d'espoir bien à moi - je l'avais finalement trouvée en grandes quantités. J'étais arrivé à une source d'espoir après avoir été perdu dans un désert de désespoir. Et un thème, répété dans de multiples rapports, me parlait tout particulièrement:
 

« J'étais perdu, inconscient, et, soudain, je me suis retrouvé... éveillé. Mon passé et mon avenir une route traversant un désert. Moi, immobile sur cette route, regardant en arrière le passé d'où je venais, regardant vers l'avenir, le futur – maintenant éveillé. Pour la première fois, je me tenais là, conscient, respirant, pensant, me sentant, sans fuir aveuglément, reprenant mon souffle. L'aube d'un sentiment dans lequel le temps de l'aveugle panique s'évanouissait, ou du moins était suspendu. Secoué hors de la fuite aveugle, éveillé, respirant, face à l'aube d'un sentiment de liberté ».

Cette vision m'a profondément ému et j'ai su, à ce moment-là, que j'allais ingérer un enthéogène pour la première fois.

Donc je l'ai fait et refait depuis. Mes expériences avec les enthéogènes étaient et sont pleines de sens, d'un sens défini. J'en cultive, imprimé dans mon corps, au niveau de la mémoire cellulaire, de fortes impressions, des empreintes d'espérance, de rédemption, de liberté, d'amour, de pardon, de transcendance face à l'adversité, de poésie célébrant la grâce de vivre, me comblant d'une manière que je n'aurais même pas pu, avant, imaginer ou entrevoir!

 

Une bénédiction parfaite !

J'avais connu le manque. Le manque soins, d'amour, de confiance, de construction de soi. Être battu à coup de ceinture en cuir par ma grand-mère alcoolique. Un père alcoolique absent, une mère absente, distante ; j'avais connu le racisme, le déni de soi. Je peux probablement dire que j'ai vécu en état de choc pendant une grande partie de ma vie - et parce que cet état de choc fut imprimé si tôt dans ma vie, avant que je ne commence la construction consciente de mon ego, cet état de choc était la base émotionnelle – enfouie - sur laquelle je me suis construit.

35 ans de vie, de chemin, avec cette toile de fond, allant de mal en pis, et pourtant l'espoir d'un dénouement était là – les enthéogènes ont été les médecines m'ayant traité, accueilli, soigné. Contrant les expériences traumatiques de ma vie elles ont, au niveau physique, émotionnel, et mental, déployé une intensité qui les a dépassées. Avec leur aide, ma personnalité fut transcendée et est passée d'un état perdu, de choc, à un état de respiration consciente.

Je suis toujours en chemin, mais je suis conscient et éveillé maintenant. Je peux toujours courir si il le faut, et la vie est encore incertaine, mais je suis libre de me reposer lorsque aucune menace imminente me guette. Je peux maintenant vivre ma vie sainement.

Les cérémonies sont pour moi un acte de nettoyage - diététique, émotionnel, mental, physique - profond. C'est comme quand un bol chantant est frappé et qu'il chante jusqu'à ce que la vibration ait disparu, jusqu'à ce qu'on fasse sonner sa prochaine note. Note après note, cérémonie après cérémonie.

Cette médecine ressemble beaucoup à cela - boire comme si on faisait résonner un bol chantant - seulement mon corps, mon esprit, mes émotions paraissent alors fragmentés et c'est là que l'analogie semble se briser, comme si un bol de chant cassé était frappé. Quel son pourrait-il alors produire ?

Toutefois - et c'est là que se trouve la magie qui remplit mon cœur de gratitude - c'est comme si cette médecine retrouve, morceau par morceau, ces pièces d'âme fragmentées, perdus, et les réintègre, les ré-assemble soigneusement, chaque pièce à sa place dans l'ensemble.

 

Bien sûr, ça se fait petit à petit, et cette remise en place n'est qu'une étape dans un long travail à faire. Mais déjà cet acte, chaque acte est tel qu'il est, apporte la paix, la gratitude. Ce travail est bon. Une bonté bienveillante prenant soin d'un enfant qui n'est plus perdu, plus perdu à ses frères humains, plus perdu complètement à lui-même – plus perdu à moi. On s'occupe de moi.

 

Je vous aime, Iboga / Ayahuasca! Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je suis plein de gratitude envers le grand jardinier, l'Esprit-Saint, qui vous donne vie et croissance et qui nous donne vie et croissance à tous.

Que son pouvoir de bonté et d'amour incommensurable vous traverse toujours! Puisses-tu toujours être porteur de liberté, de liberté, de liberté !

Momo

Conscience des plantes