Témoignage: Pendant un rituel Santo Daime

Je pratique le rituel du Santo Daime depuis plus de 3 ans maintenant. C’est un rituel de type chrétien utilisant l’ayahuasca comme sacrement. Il est devenu la pierre angulaire de mon travail psycho-spirituel.

 

Durant ces trois ans, j’ai vécu dans mon mental, dans mes émotions et dans mon corps des choses fortes qui m’ont beaucoup aidé à progresser, à guérir de vieilles mémoires du passé.

 

Parmi les multiples épisodes vécus, je vais partager ici une cérémonie de Daime qui fut très particulière car liée à une “mémoire collective”. Cette mémoire est apparue de manière vraiment inattendue. Comme si elle “attendait” d’être “visitée”.

 

Cela se passait au mois d’avril, dans une belle maison décorée 19ème. Nous étions une quinzaine de personnes de nationalités différentes. Le Santo Daime était le “Bailé” cette fois, c’est-à-dire une danse rythmée qui s’est déroulée pendant huit heures en continu avec seulement deux petites pauses.

 

Après la première pause, je reprends du Daime (note de CDP: ceci est un autre terme désignant l'ayahuasca). Les femmes dansent d’un côté et les hommes de l’autre. Dansant en rythme avec les autres hommes, je me sens en symbiose avec eux. Nous bougeons ensemble, en même temps, comme si nous étions un. Je me sens véritablement relié à la Communauté des hommes présents. Je sens la fraternité.

 

Une prise de conscience émerge, limpide comme de l’eau de roche : les hommes ont un instinct naturel du “faire ensemble”. Il y a chez les hommes comme un esprit de corps, d’où le succès des sports d’équipe. Je vois alors des images. Un esprit de corps d’un passé lointain où des hommes chassent ensemble pour se nourrir alors que les femmes restent dans les cavernes pour s’occuper des enfants.

 

Mon émotion monte. Je sens dans mes tripes l’instinct de fraternité, de soutien collectif. Je me sens faire partie de ce collectif d’hommes s’entraidant pour atteindre un objectif commun. C’est vivifiant, cela me donne beaucoup de joie.

 

Monte alors une autre prise de conscience, moins agréable : ce mouvement naturel de fraternité, d’esprit de corps a été utilisé, manipulé dans l’histoire par des hommes épris d’ego et de pouvoir. Ce magnifique instinct fraternel du collectif des hommes fut détourné pour mener des guerres illégitimes et injustes.

 

Je sens alors, dans le monde astral, de l’autre côté du voile, une très grande culpabilité pesant sur le collectif des hommes, une culpabilité qui pèse lourdement sur cette fraternité.

 

Lorsque des mémoires de ce type émergent, je les relie à moi, au travail que je dois effectuer sur moi.

 

Je fais aussi partie du collectif des hommes, donc ce dont je prends conscience fait aussi partie de moi et doit être travaillé en moi. Je tente alors de guérir cette mémoire par le rituel du Ho’ponopono. Je récite les mots “Je suis désolé, ne m’en veux pas, merci, je t’aime” pour dissoudre cette mémoire. Je sens que cela ne marche pas. La blessure est trop importante, trop profonde, trop vaste.

 

Alors je demande l’aide de Dieu, du Très-Haut. Un miracle se produit alors. Je sens une lumière inconnue qui passe à travers moi et qui va guérir cette mémoire, cette culpabilité. Une lumière d’une couleur que je n’avais jamais vue auparavant. Comme un flash descendant du ciel et plongeant au cœur de cette blessure pour la guérir.

 

Ceci fut une leçon pour moi. J’ai compris que certaines blessures sont si profondes, surtout celles liées à l’inconscient collectif, que seule une intervention divine directe peut les guérir.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que ce travail a guéri toute la culpabilité qui imprègne le collectif des hommes. Ce serait bien égotique de ma part ! Par contre, je peux ici témoigner qu’il y eu pour moi, un avant et un après dans ma relation avec les autres hommes. Cette relation est devenue plus franche, plus authentique, plus confiante. Oui, réellement, ma relation avec le collectif des hommes ne fut plus la même après cette session de Daime.

Javier

Conscience des plantes